Samuel Wexler/Musique/Less Than Three

Less Than Three

14 compositions de violon en live looping. Moins de 3 minutes chacune. En une seule prise. Dans de magnifiques lieux du Mexique.

14Compositions, avec vidéo
<3Minutes, chacune
1Prise continue, à chaque fois

L’histoire

Six ans de gestation. Non parce qu’il a fallu six ans pour l’enregistrer, mais parce qu’il est resté à quatre-vingt-dix pour cent, et que le terminer voulait dire devenir quelqu’un d’autre.

  1. Question, expérience, prise de conscience
  2. L’expérience décisive
  3. Les deux contraintes
  4. Les lieux
  5. Laisser tomber
  6. Le déclic

Ce que vous voyez, c’est ce que vous entendez. Pas de bande d’accompagnement ni de préproduction. Juste moi, mon violon, des effets, une pédale de loop et l’instant.

Cet album a mis six ans à naître. Non parce qu’il a fallu six ans pour l’enregistrer. J’ai tourné toutes les images en 2019 et 2020. Mais parce que je me suis retrouvé bloqué à environ quatre-vingt-dix pour cent, sans parvenir à franchir la ligne d’arrivée. Jusqu’à aujourd’hui.

J’ai sorti un titre avec sa vidéo live par semaine, refermant enfin la boucle ouverte qui fragmentait mon attention depuis des années. Et je suis enfin devenu quelqu’un qui finit ce qu’il commence.

Question + expérience + prise de conscience = concept de l’album

Le projet Less Than Three est né de la combinaison d’une question précise, d’une expérience précise et d’une intuition précise.

Question : comment combler l’écart entre la spontanéité que j’aime dans le live looping et la régularité dont j’ai besoin pour me sentir en confiance sur scène, à chaque fois ?

Prise de conscience : les limites nourrissent la créativité, et la liberté en leur sein.

Expérience : une prestation en direct à la télévision mexicaine qui m’a poussé à me préparer comme jamais auparavant.

Quand l’inspiration coule à flots, ou au compte-gouttes

Le live looping a ce beau côté improvisé que j’adore. Avec juste un looper, un multi-effets et un instrument, on est libre de construire toutes sortes de boucles, sur-le-champ. Ça peut me mener n’importe où, et parfois vers des lieux musicaux que je n’aurais jamais imaginés. Mais ce n’est pas toujours évident de savoir quoi faire. L’inspiration ne coule pas toujours. Ça peut vite retomber ou devenir monotone.

Avant, j’improvisais entièrement toutes mes prestations, une arme à double tranchant. Parfois j’avais des concerts totalement inspirés, où de nouvelles idées sortaient mieux que jamais, en temps réel, devant le public. Mais d’autres fois, des concerts totalement décevants : rien ne prenait, aucune idée nouvelle intéressante, je n’arrivais même pas à me rappeler quoi que ce soit d’intéressant que j’avais fait avant, et je tenais à peine jusqu’à la fin du set. Hyper inconfortable. Je ne savais jamais lequel des deux ce serait. C’était déstabilisant.

L’expérience décisive

Quand on m’a invité à jouer en direct à la télévision mexicaine, j’ai pensé que ce pourrait être un grand tournant dans ma carrière. D’une certaine façon ça l’a été, mais pas comme je l’imaginais.

Je n’avais que deux minutes et demie pour marquer les esprits, et je pensais que des millions de gens pourraient le voir et devenir fans, alors j’ai soigneusement planifié la construction de chaque couche de boucle, puis je l’ai répétée dans ma tête encore et encore. Je voulais que chacune des 150 secondes compte, et j’ai adoré l’état dans lequel me mettaient ces répétitions.

J’ai aussi adoré ne sentir aucune pression pour tenter quelque chose de plus complexe que ce que je pouvais raisonnablement réussir dans une composition de moins de trois minutes. La liberté que j’ai trouvée dans ces limites est devenue le fondement de tout le concept de l’album.

La réponse à ma question s’est imposée

Développer un répertoire de compositions suffisamment travaillées pour avoir une structure solide, mais avec de l’espace pour respirer et improviser à l’intérieur de ce cadre. Et reproduire les contraintes du direct à la télévision.

Première contrainte : rester sous les trois minutes. Me forcer à distiller chaque idée jusqu’à son essence. Pas de divagations sans fin. Juste le cœur de ce qui fait la beauté de chaque pièce.

Seconde contrainte : chaque composition enregistrée en une seule prise live continue. Travailler le répertoire jusqu’à pouvoir le jouer en direct de façon fiable, sous pression.

Ces versions pouvaient toujours être développées en concert. Si j’étais dans le flot de l’inspiration avec de nouvelles idées, je n’avais même pas forcément besoin de les jouer, mais si jamais je me sentais bloqué, j’aurais quelque chose de solide sur quoi m’appuyer.

Le chemin

J’ai commencé à développer des idées de live looping dans les mois qui ont suivi mon passage à la télévision, et le jour de mon anniversaire, en novembre 2019, j’ai enregistré la première nouvelle composition, Cloud Kaleidoscope. J’ai annoncé le projet avec joie, convaincu que j’irais jusqu’au bout.

Les lieux

Je vivais alors avec ma compagne dans l’une de ces incroyables maisons de hobbit, comme sorties de la Comté, dans les forêts aux abords de Mexico : la Casa del Árbol. Je sentais que je devais profiter d’avoir autant de lieux uniques et magnifiques si près de moi. Certains voisins m’ont généreusement ouvert leurs maisons pour y enregistrer, et j’ai fait un travail d’enregistrement dans un bel hôtel sur une montagne de quartz à Valle de Bravo pendant sa rénovation, avec la permission de tourner mes propres vidéos pendant mon temps libre.

Dans certains lieux, nous avions la journée entière. Dans d’autres, une demi-heure à peine. Cette pression du temps a en fait souvent aidé. Elle aiguisait la concentration, comme la télévision en direct, me poussait à me lancer et à enregistrer tant que nous en avions l’occasion, forçait les décisions et empêchait le perfectionnisme sans fin.

Laisser tomber

J’ai constaté que je ne pouvais pas tenir le rythme hebdomadaire prévu, alors j’ai d’abord travaillé à tout enregistrer, et j’ai terminé tous les enregistrements en août 2020. Il ne me restait plus qu’un travail de montage fastidieux, quelques décisions difficiles sur les prises à garder, et une composition dont je sentais qu’il me fallait encore une meilleure prise. C’étaient mes points faibles. Je suis tombé dans l’indécision et j’ai commencé à perdre de l’élan.

Alors quand on m’a commandé la bande originale de KAN, c’était l’excuse parfaite pour commencer un nouveau projet excitant avant de boucler celui sur lequel je travaillais depuis presque un an. Je savais que je voulais terminer Less Than Three, mais je me suis dit qu’il fallait commencer la commande au plus vite, qu’il valait mieux changer de priorités.

Less Than Three est resté à quatre-vingt-dix pour cent pendant six ans.

Le déclic

Devenir père en novembre 2023 a changé quelque chose. Cela m’a aidé à me concentrer sur ce qui compte le plus pour moi. J’ai compris l’importance de terminer les projets. Nous y voilà : je termine enfin ce que j’ai commencé.

Après tant de temps, j’aurais pu décider d’abandonner ce projet et de passer à autre chose. Mais je n’ai pas pu. Il y a quelque chose de spécial dedans, et il semblait absurde de laisser tant de travail enterré. Il ne s’est jamais agi seulement de sortir de la musique. Il s’agit de ce que j’ai appris en refermant enfin une boucle de six ans. Si vous avez déjà eu un projet créatif bloqué à quatre-vingt-dix pour cent, ou si vous avez en général du mal à terminer vos projets, peut-être qu’une partie de ce que j’ai découvert vous aidera aussi.

Partitions

Jouez-les vous-même

La notation complète des parties instrumentales, des déclenchements de boucles et des changements d’effets, pour les quatorze. Tout ce qu’il faut pour construire chacune en direct, couche par couche.

Obtenir les partitions
Le projet live

Samuel Wexler Samueltaneous

Samueltaneous est le projet de live looping, et Less Than Three est une œuvre précise au sein de ce projet. Le projet lui-même est une toile musicale vierge, repeinte à chaque fois d’un mélange de sons unique. Aucun concert ne ressemble au précédent, et le but est toujours de partager quelque chose de vrai, de pur et de vivant avec des auditeurs attentifs.

Il a développé un son acoustique incroyable, et a su intégrer des éléments électroniques de manière très créative et musicale.Izcacel, bassiste et compositeur

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